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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 20:40

Le foyer rural Cepage de Puget-Théniers a organisé une forum concernant l'Europe et la citoyenneté, le mercredi 5 mai 2015.

Ce sont de très jeunes enfants et quelques adolescents qui ont questionné les habitants afin de mesurer leur degré de connaissance des institutions européennes et se poser des questions sur les possibilités de mieux faire connaître l'Europe.

 

Vous trouverez ci-dessous le dossier que j'avais produit au prélable et qui m'a permis d'intervenir de manière critique à propos de l'Europe actuelle.

 

Avant d’aborder la question de la citoyenneté européenne  je me dois de chercher à définir ce qu’est et ce qu’a été la notion de citoyenneté en France, au cours des 130 dernières années.

C’est en tant qu’ancien professeur d’histoire que je vais tenter cette approche qui est tout autant historique que philosophique.

1° Apparition de la notion de citoyenneté en France.

En France la notion de citoyenneté est apparue au grand jour, lors de la Révolution de 1789.

Cette notion qui supprimait la notion de « sujet » avait connu ses prémices théoriques chez Rousseau, le grand philosophe français des lumières.

Celui-ci tentait de faire le lien entre le concept de démocratie et celui de citoyenneté.

L‘historien, Bronislaw Baczko cite Chateaubriand pour démontrer comment le mot « citoyen » avait remplacé celui de « Monsieur » pendant la décennie révolutionnaire.

2° La Révolution, la citoyenneté et les droits politiques.

C’est très clair, les plus révolutionnaires, ceux qui voulaient une république sociale, liaient la notion de citoyenneté à celle des droits politiques de la population, sans distinction d’origine, gommant ainsi la notion d’étranger, ce qui était entièrement nouveau et que revendiquent encore des courants politiques en France.

3°La contre révolution : Le Consulat, la nationalité et la citoyenneté.

Mais très vite, avec le Consulat et la fin de la Révolution, c’est plutôt la nationalité qui fait d’un individu un Français et éventuellement un citoyen.

Ce sens beaucoup plus restrictif est l’apanage d’autres courants politiques en France d’aujourd’hui, et tend à prendre le dessus, dans la crise que traverse notre pays et l’Europe en général, où l’étranger tant qu’il ne dispose pas de la nationalité n’a pas de droits politiques et donc n’est pas un citoyen.

4° Nation, territoire et citoyenneté. 

Au fur et à mesure que les pays européens se sont construits sur des frontières, toujours instables, la notion de Nation est devenue prépondérante, centrale, créant les grands courants patriotiques de larges couches des populations dans la plupart des pays européens.

Ces populations, en France et progressivement dans les autres pays européens, avec des rythmes très divers, ont acquis des droits politiques, ancrant fortement dans l’idée que la citoyenneté était une identité, liée à la Nation et donc au Territoire.

5° La citoyenneté européenne. 

Cet immense raccourci, nous permet donc d’aborder maintenant la citoyenneté européenne, dans un pays comme le notre, et en particulier pour la jeunesse.

1er constat. 

Révolution de 1789 et construction européenne.

En France ce sont les mouvements et partis politique qui se réfèrent le plus à la révolution de 1789 qui sont les plus réticents vis-à-vis de la construction européenne.

Pourquoi, parce que la notion de droits politiques est posé en termes concrets et non pas théoriques.

Parce que la notion de "citoyen" a été construite contre la notion de « sujets » de l’ancien régime et que seule donc une république sociale peut porter la véritable notion de « ci° toyenneté ».

En résumé ces courants politiques et philosophiques ne voient que peu de liens entre droits politiques et démocratie comme le faisait Rousseau, dans l’Europe actuelle.

Pour eux la "commission européenne" est une aberration antidémocratique qui ne peut que :

Eloigner les peuples de leur représentation élective.

Pour eux les acquis révolutionnaire de 1789 se diluent dans un espace territorial sans contours, où les spécificités françaises disparaissent.

Ainsi, lors du vote français sur le Traité Communautaire Européen, 55 % des français (sans compter les abstentions) se sont prononcé contre.

2ème constat.

Inversement, les partis et mouvements qui se réclament ouvertement de l’Europesont ceux qui au départ ont ancré la notion de citoyenneté sur celle de l’acquisition de nationalité.

Ces partis et mouvements, se trouvent donc devant une grande difficulté, car ils doivent à la fois défendre le nationalisme identitaire français et la citoyenneté européenne.

De mon point de vue, ces mouvements et partis politiques additionnés, sont majoritaires dans les urnes, mais ne le sont pas idéologiquement.

En conclusion 

Toutes les élections en France montrent un détachement grandissant vis-à-vis de l’Europe. Cela veut donc dire qu’une large majorité de français ne se sent pas européenne, ou tout au moins pas citoyens de cette Europe là.

Je n’ai pas de statistiques sur la jeunesse, mais si une frange de la jeunesse se sent européenne grâce à différents programmes, dont Erasmus, il ne me semble pas que ce soit une lame de fond, loin de là.

 

 

 

 

Puget-Théniers. Un débat sur la citoyenneté européenne.
Puget-Théniers. Un débat sur la citoyenneté européenne.

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Published by Edgar MALAUSSENA - dans L'EUROPE ET NOUS
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