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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 04:30

Traditionnellement, les peuples attendent de la "réforme" un mieux être, une amélioration globale ou personnelle.

Et il en fut ainsi, en France, depuis la révolution industrielle, autant dans la classe ouvrière que dans les classes moyennes.

Il existait une "forme", un "système", une "organisation sociale" reconnues, comme injuste par une majorité des catégories sociales travailleuses, et celles-ci se mobilisèrent pour obtenir des "réformes".

 

Dans la tradition française, on pouvait distinguer deux approches du terme "réforme".

1° Celle des révolutionnaires, pour qui les réformes, à l'intérieur du système, n'étaient qu'un prélude à son renversement pour instaurer le socialisme ou/et le communisme.

2° Celle des réformistes, (SFIO et ensuite PS) pour qui les réformes avaient pour but d'améliorer le sort de ceux qui souffraient, tout en gérant loyalement le capitalisme (Léon Blum en 1936) quand on arrivait au pouvoir .

Dans la tradition française, la gauche réformiste, prenait en considération les besoins inassouvis des plus démunis, des classes moyennes pour améliorer leur sort.

Dans les deux cas : les révolutionnaires et les réformistes considéraient que sur l'instant, la réforme devait apporter un "mieux", à ceux qui ne détenaient que leur force de travail pour vivre ou survivre.

 

En France, c'est cette tradition qui meurt sous nos yeux.

En effet, côté des réformistes, la dualité "réforme" et "gérant loyal du capitalisme" , a basculé du côté de la gérance loyale du système auxquels les salairiés doivent s'adapter.

C'est Mitterant en 1983, qui annonce la "pause", l'abandon du concept marxiste de la lutte anticapitaliste, tout en considérant que des réformes étaient encore possibles à l'intérieur du système français élargi à l'Europe".

C'est Hollande, qui applique le terme "réforme" à rebrousse poils du sens donné traditionnellement par les gauches et une partie des écologistes.

 

Le mot réformer prend alors son autre "sens" : 

° Quand on met un objet au rancard, on le met à la réforme,

° Quand on réforme un soldat, on le "sort" de l'armée.

 

C'est que subissent les salariés depuis des décennies :

Par exemple on met au rancard, les Conventions Collectives au profit de la négociation entreprise par entreprise, là où le rapport de force est en faveur des employeurs,

Par exemple on met au rancard, le code du travail qui est le fruit d'un long combat syndical et populaire, pour faciliter les licenciements, qui auraient la vertue de permettre la création d'emplois.

 

Ainsi :

On réforme pour donner un "mieux" aux entreprises, et donner un "moins" pour les salariés.

 

Et comme par hasard, les droites donnent exactement le même sens que ce gouvernement au terme "réforme".

Après l'on fait semblant de s'étonner du succès remporté par le slogan frontiste : "Tous pareils".

 

 

 

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Published by Edgar MALAUSSENA
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