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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 05:38

Des Présidents en ont rêvé.

On nous présente la tentative d'Union Nationale de M. Emmanuel Macron, comme une grande nouveauté, en insistant sur le fait qu'il aurait "dynamité" les partis traditionnels.

Si l'on jette quelques regards en arrière on peut voir que d'autres Présidents de la République ont tenté chacun à leur façon de mettre en place l'idée que lorsque l'on met ensemble des gens qui ne pensent pas pareil, cela marche mieux.

 

Le Général de Gaulle, lui voulait l'Union Nationale, par dessus les Partis, et déjà à l'époque certains pensaient que les partis étaient en voie de disparation, en particulier lors du référendum sur la constitution où il avait obtenu 80% des voix.

 

Giscard, lui voulait l'Union, par le "Centre", et il le paya cher avec les trahisons de M. Chirac. Durant cette période on vit renaître le PS, sombrer les communistes, la droite changer de noms...

 

Mitterrand, voulait l'Union (pas encore tout à fait "Nationale") autour du PS qui lui même était "une union des contraires", surtout lorsqu'il lui fallu débaucher des élus de droite pour gérer sa majorité relative.

 

Sarkozy s'y essaya en créant "l'ouverture" qui fonctionna cahin plutôt que caha, et qui finalement capota…

 

Hollande, cru y parvenir lors des attentats terroristes. Mais il avait dans sa manche, la solution Macron qui est sorti et rentré au bon moment. Personne ici ne croit au hasard.

 

Quand au deuxième point : le dynamitage des Partis traditionnels par M. Macron, il faut y regarder de plus près.

 

1° Le PCF, n’est plus qu’un Parti « municipal » et sans ses alliés PS et maintenant La France Insoumise, aux différentes élections il ne serait (ou ne sera) pratiquement plus représenté dans les diverses grandes instances. Cela explique d’ailleurs son attachement à l’Union des Gauches qui fut pour lui, le commencement de la fin…

 

2° Le Parti Socialiste était en état de décrépitude et d’implosion depuis des années, et ce n’est pas M. Macron qui l’a dynamité. C’est de l’intérieur qu’est venue la déchéance. Je n’ai siégé qu’une seule fois à une tribune du PS, dans les Alpes-Maritimes (je représentais l’écologie sans être membre de ce Parti). J’avais écouté incrédule les discours des différents courants, et j’avais bien compris qu’il existait en fait, plusieurs partis, dans cette salle. Et cela il y a dix ans.

 

3° La droite (LR) serait sûrement arrivée en tête sans l’affaire Fillon en 2017, mais une partie de celle-ci, de plus en plus proche du FN, aurait sans nul doute virée sa cuti, repoussant la partie centriste des LR vers M. Macron. 

L’implosion était donc à la porte (voir entre autres, l’antagonisme Fillon/Jupé) quand est arrivé l’affaire Fillon.

 

5° Le FN, soit disant reconverti, taillait déjà des croupières, depuis des années à la droite institutionnelle, et était en passe de la dominer, d’où d’ailleurs le refus total des responsables de LR de pactiser avec lui, dans la mesure où ces rapprochements ne bénéficiait qu’au FN.

La crise économique, la peur des immigrés, la coupure de la France d’en haut avec la France d’en bas, les scandales de la République, le discrédit progressif des partis traditionnels, l’Europe de la finance, tout cela permet à ce parti de vider progressivement la droite traditionnelle de sa pugnacité originelle en la renvoyant à sa « gestion internationalisé » de l’économie, tout comme le PS.

 

6° Pour qui est passé par les Verts puis par Europe Ecologie/Les Verts, le déclin de ce parti était quasi programmé. Les « courants » mortifères et les compositions et recompositions internes à tout moment, ont laissé sur le bord du chemin des milliers et des milliers d’adhérents.

Les responsables nationaux se sont combattus pire que ce que l’on peut imaginer et l’on a vu se succéder des « secrétaires nationaux » qui ne tenaient quelquefois même pas une année.

Et depuis René Dumont, c’est la première fois qu’il n’y a pas eu de candidat écologiste à la présidentielle de 2017.

 

7° La France Insoumise a été le résultat d’un cheminement tortueux qui est passé par la création de collectifs qui ont tenté plusieurs solutions, voir la naissance des Comités Juquin, voir la création des « rouges et verts », voir l’implosion du NPA, voir l’affaire Bové, voir la création du Parti de Gauche, voir la naissance et la quasi mort du Front de gauche…

C’est sur les ruines du PCF et du PS, et sur le ratissage de ces divers mouvements que se construit ce parti/mouvement qui présente l’avantage et le désavantage d’avoir un leader très charismatique qui occupe tout l’espace, dans son propre espace.

 

M. Macron et le processus de longue durée.

Alors, M. Macron est-il l’auteur de l’implosion des partis traditionnels ? La description ci-dessus, montre bien que nous étions dans un processus de longue durée et qu’Emmanuel Macron guidé par François Hollande, s’est appuyé sur ce processus pour entrer en scène. Comme quoi les hommes si ils font l’histoire, en sont toujours le produit.

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Published by Edgar MALAUSSENA - dans Politique
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