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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 02:48

J’ai lu attentivement l’interview de M. Dosière, élu socialiste de l'Ain dans le Nice Matin du 11 novembre 2012.

 

Qu’y trouvons-nous, au-delà du titre choc ?

« On emprunte chaque heure l’équivalent d’un lycée » ?

L’idée que pour dépenser moins, il faut économiser.

Je ne me moque pas de ce Monsieur, mais il n’est point besoin de sortir de Harward, pour dire cela.

En fait il est clairmement développé l’idée qu’il faut dépenser moins pour rembourser une dette d’Etat dont à aucun moment il n’est dit pourquoi elle existe.

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En effet, j’aurais aimé connaître ses analyses sur :

-    Les causes de la dette.

-    Sur la structure de la dette,.

-    Sur les raisons de l’explosion de la dette.

Par exemple, je n’ai pas eu un début d’explication :

-   Sur la crise des « subprimes » aux Etats-Unis qui a révélé l’incroyable volatilité du système et les enchaînements mécaniques de telles pratiques financières.

-  Sur les conséquences des jeux de la bourse sur les économies mondiales libéralisées et non contrôlées par les Etats.

-   Sur le mode d’organisation du commerce mondial qui génère des déséquilibres tels qu’on en arrive à des « émeutes de la faim », dans des pays qui étaient capables de s’auto alimenter et qui subissent les cours boursiers mondiaux, à la baisse, sur leurs propres produits alimentaires…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toute dette n’est pas une catastrophe.

-   Par exemple, en s’endettant pour mettre en place des infrastructures qui peuvent générer de l’emploi, c’est bon pour l’économie, à condition bien sûr de ne pas détruire les mécanismes de la vie sur terre pour parvenir à cela.

-   Par exemple, en empruntant à une banque centrale à des taux compatibles avec l’équilibre budgétaire, est une opération sage, au lieu d’emprunter sur les marchés boursiers où comme si on ne le savait pas, on soit disant découvre des « produits toxiques ».

-  Par exemple en s’endettant pour créer les conditions d’une augmentation de « l’indice du bonheur humain » (éducation, culture, aides sociales…), au lieu de mesurer un « Produit Intérieur Brut », qui considère comme positif les catastrophes naturelles dans la mesure où il faut reconstruire ce qui a été détruit. En fait, c’est le même système que la guerre qui permet aux détenteurs de capitaux de les placer dans la reconstruction.

Les dépenses en personnels des collectivités.

Je suis resté douze années au Conseil Régional.

Je ne dis pas qu’il n’existe pas des emplois de complaisance, mais cela n’est pas l’apanage des Conseils Régionaux. On sait comment cela se passe dans les Conseils Généraux et les grandes et moyennes villes.

Par contre, nous avons vécu l’étape de la décentralisation où l’Etat progressivement a transféré ses corps de métiers sur les régions, comme par exemple les personnels Techniques, Ouvriers et de Service (TOS).

Nous avions voté contre au Conseil Régional, nous avons résisté jusqu’au bout, et à la fin le nombre de salariés a été pratiquement multiplié par 5.

Le gouvernement actuel préparerait une nouvelle vague de transfert qui porterait sur les corps administratifs de l’éducation nationale.

Et quand l’Etat décentralise les personnels vers les collectivités, il dit que c’est la faute des collectivités territoriales si elles ont trop de personnels.

Amusant aussi que certains élus qui au niveau des collectivités territoriales refusent les décentralisations des personnels, les votent dans le cadre de leur cumul de mandat au parlement.

Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage.

Cela nous amène à parler du cumul des mandats.

Cela existe aussi bien dans les gauches que dans les droites.

Et c’est une spécificité française.

Depuis le temps qu’on parle de la suppression du cumul : sœur Anne ne voit toujours rien venir.

Je suis :

-  Pour l’incompatibilité totale entre le mandat de Député et celui de Conseiller Régional,

-    Contre le cumul Député européen et Conseiller Régional,

-    Contre l’addition du mandat de Conseiller Régional et Général.

-    Contre le cumul des mandats liés aux intercommunalités, au niveau des exécutifs. Est-il normal d’être à la fois Député, Maire, Président d’une Métropole ?

-   Je suis pour que les élus municipaux, puissent siéger dans les intercommunalités dans lesquelles ils sont inclus.

-   Mais je suis contre que ces élus perçoivent deux indemnités complètes alors qu’ils assument jamais à temps plein les deux fonctions.

-  Donc : Contre l’addition financière des mandats locaux et intercommunaux (même s’il existe des plafonds de reversements). 

-   Inversement, les élus municipaux de notre intercommunalité (CCVA) ne perçoivent pas un centime pour le travail intercommunal, même pas pour les déplacements, même pas pour les dons lors des fêtes patronales, même pas pour les heures passées dans les commissions et les plénières.

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Seuls les Maires, les élus cantonaux, les adjoints sont indemnisés, mais pas pour le travail intercommunal et les sommes sont souvent dérisoires. Par exemple : je suis indemnisé pour un montant de 600€ par mois pour 70h de travail semaine, et un adjoint de Villars perçoit 253€ par mois.


Mais est-ce à cause des indemnités des élus que nous sommes en crise ?

M. Dosière reconnait implicitement que ce n’est pas le cas.

Le fonctionnement total de l’Assemblée Nationale et du Sénat représente seulement le 1/1100ème de la dépense publique.

Que l’on fasse des économies sur ces postes, bien sûr que c’est possible et bien sûr comme le dit M. Dosière, il faut mettre en place d’autres systèmes qui surveillent et régulent les dépenses de fonctionnement des institutions de la République.

Les Etats ont décidé de ne pas maîtriser la finance privée.

Les Bourses européennes restent dans le rouge à mi-séance mardi, pour la cinquième séance consécutive. Aux inquiétudes liées au budget américain et à la crise grecque sont venus s'ajouter des nouvelles négatives sur le front des sociétés et un indice ZEW alarmant en Allemagne. À Paris, le CAC 40 perd 0,57%, le Dax-30 cède 0,71% à Francfort et le FTSE-100 0,68% à Londres. (Reuters/Remote/Marthe Kiessling)Mais au bout du bout, le vrai problème de l’endettement provient du fait que les Etat européens, en particulier, ne maîtrisent plus la finance privée, dans la mesure où à cause de Maastrich la banque centrale européenne est autonome et décide quasiment seule de ce qu’elle veut.

Par contre, ces même Etats, veulent maîtriser la dépense publique, et pour cela diminuer les prestations sociales, faire reculer le pouvoir d’achet et défaire le code du travail afin de faire régler la crise à ceux qui ne l’ont pas provoquée.

Arrêter d’emprunter aux financeurs privés.

Il faudrait une réforme de structure qui permette d’arrêter d’emprunter chez les spéculateurs et relancer les systèmes de bons du Trésor auprès des particuliers, avec des mécanismes clairs, et avec une taxe forte sur les transactions financière.

Conclusions :

En additionnant des mesures en direction du non cumul des mandats et en contrôlant fortement la finance privée, en faisant reculer progressivement le poids des bourses dans l’économie publique, en créant des monnaies locales…on n’aura pas besoin de détruire nos services publics, et c’est bien sur ce point là, que je suis d’accord avec M. Dosière.

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Published by Edgar MALAUSSENA - dans Politique
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