Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 04:36

www.editions-dialogues.fr/livre/michel-serres-biogée/


Description de cette image, également commentée ci-aprèsQuelques mots sur le livre

Biogée est une rhapsodie où alternent le conteur et le philosophe. Exclusivité : le texte entier lu par Michel Serres lui-même accessible gratuitement grâce au livre.

Résumé

Comment les marins se sauvent-ils des tempêtes ?

Et les mariniers des inondations ?

Comment les montagnards se tirent-ils des crevasses ?

Et les gardiens de phare d’un envahissement de rats ?

Comment les savants négocient-ils le feu et les bombes des volcans ?

Que disent la brise, les fleuves turbulents, le grand hurlement des loups et le silence des microbes qui foisonnent ?

 

Pour faire entendre le bruit de fond du monde et la voix des vivants, j’ai appelé à l’aide le récit de la nouvelle, l’évocation poétique ou musicale, les raisons scientifiques et la méditation propre à la philosophie… en une mosaïque la plus proche possible de l’expérience positive de la vie.

Critique : Christiane Frémont nous parle de Biogée...

"Michel Serres, philosophe, mais écrivain d’abord et toujours, publie aujourd’hui un livre au titre étrange et beau : Biogée – 
Bio signifie la vie, Gée désigne la terre.

Pourquoi ce titre s’est-il imposé à lui ? c’est que, répond-il, la Vie habite la Terre et la Terre se mêle à la Vie ; c’est aussi – les lignes de Valéry et de Bernanos inscrites en exergue le disent – les choses, comme les vivants, ont un langage, et que l’âme d’un poète sait devenir arbre.

Et le philosophe, lui, devient récitant, mêlant légende, histoire, récit, choses vues ou rêvées, avec des paroles de philosophie.

 

A qui s’étonne devant cet objet inusité en philosophie, Michel Serres répond que les sciences de la vie et de la terre sont en passe de prendre la première place dans nos savoirs et nos pratiques.

Non seulement parce que nous sommes de plus en plus instruits sur la formation du globe et la fabrication des vivants, mais aussi parce qu’il y a urgence : nous devons nous occuper de la Biogée tout entière que nous avons mise en péril et qui nous met en danger.

Il faut rappeler ici les thèmes des précédents livres, Hominescence qui par le concept d’ « objet-monde » mesure le nouveau rapport de l’homme à la Terre, Temps des crises où apparaît le mot « Biogée », puissance incontournable et inquiétante, milieu et partenaire de l’humanité, terme muet – moins qu’on ne croit, on le lira ici – d’un « contrat naturel » nécessaire, jamais écrit. 

 

Si surprenant soit ce livre, il est dans le droit fil de l’œuvre, car Michel Serres est l’un un des rares philosophes contemporains à toujours avoir fait entrer le monde dans ses écrits – le feu, les mers et les fleuves, le dessin des continents, le choc des particules, objets de la physique sans doute, mais aussi de la philosophie, comme modèles d'intelligibilité des connaissances et des pratiques humaines : turbulences, flux, passages, îles, crêtes, nuages, chaos…bref, le monde extérieur ne se borne pas pour lui aux maigres notions de matière, d’objet, de chose, de temps et d’espace.

 

La Biogée s’inscrit dans la série des personnages-concepts qui jalonnent l’œuvre (Hermès, le Parasite, la Noise…) concept global cette fois, essentiel en ce qu’il nous est co-naturel, nous nés de lui et lui de nous : la Biogée est la nation , nous y sommes tous nés depuis notre première aurore, disait le philosophe après Copenhague, invitant à la création d’une institution véritablement mondiale. 

 

(nota : Les surlignages sont dus au blog "Edgar Malausséna").

Partager cet article

Repost 0
Published by Edgar MALAUSSENA - dans PROPOS PHILOSOPHIQUES;
commenter cet article

commentaires