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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 00:33

MARC HALEVY

Philosophe, prospectiviste et physicien.

Les grandes mutations économiques : comment s’y adapter ?

« Que sont ces crises et ces mutations si ce n’est des manifestations de causes cachées, de sens à chercher ?

Revenons aux fondamentaux de l’économie car l’offre et la demande sont impactées par cinq ruptures de civilisation.

1. Rupture écologique.

L’offre est liée à une démographie… en croissance exponentielle dans le monde ! Quelle est son évolution sur le long terme pour savoir combien de ressources seront nécessaires ? les ressources utilisables par l’homme sont accessibles si l’on consomme d’autres ressources pour les extraire.

Heureusement les renouvelables prendront le pas sur la pénurie des non renouvelables… mais pour seulement deux milliards de personnes.

Nous sommes passés d’une logique de croissance à logique de pénurie.

C’est la première rupture, l’écologique sur l’eau, les terres arables, les énergies fossiles

2. Rupture technologique.

Le passage du mécanique au numérique, c’est 80 milliards d’emails par jour à 100km/seconde. Notre cartographie mentale est faite d’apprentissages en lecture papier ; la génération numérique conçoit le monde différemment. Commencée en 1983, la 3è révolution informationnelle intervient après celles de l’écrit puis de l’imprimé comme l’écrivait Michel Serres dans sa Petite Poucette.

Cela donne un monde plus complexe, un monde d’interconnexions. Un manager d’aujourd’hui traite autant d’informations en un jour que son homologue du début de siècle en un mois !

Nous n’avons donc plus le temps de réfléchir, d’être rationnel…

Nous sommes dans un monde d’instinctivité.

Nos organisations sont-elles capables de fonctionner ainsi ?

3. Rupture organique.

Le passage de modèles hiérarchiques à des modèles complexes, c’est la logique de réseau pour gérer un maximum d’interconnexions.

4. Rupture économique.

Le passage au modèle américain implique que, pour exister, il faut être gros en vendant beaucoup par une baisse des prix.

Comment faire ?

Standardiser et baisser les coûts fixes (Ford et Taylor)…

Un modèle impossible aujourd’hui : on veut des options, des produits de qualité et que nos managers réfléchissent en prenant des initiatives. Aujourd’hui c’est la valeur d’usage qui compte.

5. Rupture philosophique.

On ne souhaite plus réussir dans la vie mais réussir sa vie.

La valeur travail, la réussite sociale et professionnelle, le progrès humain s’éloignent pour aller vers l’épanouissement personnel et égoïste.

Ces ruptures sont une bifurcation, une mutation.

Les historiens disent qu’elles arrivent tous les 550 ans, la dernière étant la Renaissance avec le passage de l’agraire au marchand, de la féodalité à l’Etat moderne.

C’est dans le croisement des courbes de deux logiques, l’une naissante et l’autre déclinante qu’il y a crise.

Pour en sortir, il faut construire et s’investir dans la courbe naissante, la courbe verte.

Quelles solutions aux cinq ruptures ?

- pour la pénurie, c’est la frugalité mais pas l’apologie de l’anorexie ! Faire « moins mais mieux ». Donc consommer, travailler, communiquer ainsi ;

- pour le monde numérique, c’est mettre ce monde au service de l’Homme, et rester maitre de nos pensées ;

- pour le monde organique, c’est rechercher un management aux interactions multiples ;

- pour le passage de la logique de prix à celle de valeur, c’est devenir des virtuoses de nos vies ! Les choses qui sont difficiles à faire sont celles qui ont de la valeur, donc un prix haut. Oser le difficile pour être demandé ;

- pour « bien-vivre », c’est rechercher la spiritualité et répondre à la question du pourquoi plutôt qu’à celle du comment. Rechercher du sens pour créer de l’engagement, de la fierté.

Construisez votre courbe verte avec ces ingrédients.

Le déclin de l’ancien modèle de civilisation a commencé en 1914 et peut muter vers un nouveau modèle mature vers 2070.

Les institutions anciennes sont celles nées à la Renaissance, celles qui communiquent et gouvernent aujourd’hui et qui forment les outils de régulation de l’ancien modèle.

Il faut donc chausser les lunettes vertes pour voir le modèle naissant : c’est une révolution qui advient tous les 550 ans et c’est sur nous que ça tombe.

Quelle chance ! »

Nos remarques :

OK pour toutes ces ruptures, mais comment peut-on analyser le monde qui meurt et celui qui nait en ne mentionnant pas :

- Qui cré la richesse ?

- Comment est créé la richesse ?

- Qui détient la richesse ?

- Que font les dominants, de la richesse ?

- Est-ce que les dominants se laisseront déposséder de la dominance lors de la concrétisation totale de ces 5 ruptures ?

Les réponses à ces questons, tempéreront sûrement le "Quelle chance" de l'auteur de cet article.

Question : L'auteur pense-t-il pouvoir appliquer ces 5 ruptures à toutes les civilisations et à tous les continents ?

Probalement pas, puisqu'il précise que cela vaut pour 2 miiliards de personnes.

Mais alors, que vaut ce modèle pour le restant de la planète ?

Et l'on retombe sur la question de la redistribution des richesses...

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Published by Edgar MALAUSSENA - dans PROPOS PHILOSOPHIQUES;
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