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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 03:00

 

Pour avoir été Conseiller Régional pendant 12 ans, j’ai pu me rendre compte combien la fonction d’élu était finalement peu connue, peu comprise, caricaturée, et surtout vilipendée…

° Lorsque j’amenais des jeunes visiter le Conseil Régional, la première question qu’ils me posaient était « Combien gagnez-vous ? ».

° Lorsque je discutais avec des amis ou des personnes de rencontres, invariablement j’attendais la question : « Et alors les gueuletons ça se passe bien ? ».

°  Lorsque j’assumais gratuitement la fonction de Président de l’ARPE, dont le siège social était à côté de Marseille, ce qui m’amenait à travailler jusqu’à 65/70 heures par semaine, on me demandait souvent si je n’étais pas gêné de disposer d’une voiture de fonction (voiture que je n’utilisais pas à des fins personnelles).

° Lorsque j’obtenais des résultats importants concernant la gestion des déchets (suppression de l’aide financière aux incinérateurs), quasi personne ne s’en faisait l’écho…

°  Lorsque je venais annoncer à des lycéens la gratuité des livres votée par la Région, il y avait toujours des remarques acerbes concernant soit les post-bacs, soit les étudiants…

 

Danger pour la démocratie ?

Cette image négative et déformée, qui ne prend pas en compte les centaines de milliers de petits élus (y compris les Conseillers Généraux et les Conseillers Régionaux), est dangereuse pour la démocratie.

 

 

Mais où est donc le véritable scandale dans notre société ?

° Le scandale est dans les salaires incroyables des grands patrons.

° Le scandale est dans l’accumulation des « stocks options ».

° Le scandale est dans les licenciements boursiers qui ont pour but d’augmenter les rendements des actions de ceux qui en possèdent.

° Le scandale est les « cachets » somptueux attribués à quelques artistes considérés comme des « idoles ».

 ° Le scandale est dans le système bancaire qui fait payer aux innocents les spéculations financières.

° Le scandale est dans la fermeture d’usines délocalisées dans des pays où la main d’œuvre est corvéable à merci.

° Le scandale est dans l’idée qu’il faut se serrer la ceinture à cause d’une crise dont les responsables sont épargnés.

° Le scandale est dans l’immoralité d’un système basé uniquement sur la finance…

 

Et pourtant, vers qui dirige-t-on la vindicte populaire ?

Et pourtant sur qui se portent les soupçons de malhonnêteté ?

 

Cette vindicte se porte vers les élus.  

Pourquoi ?

Bien que déformée, cette démarche anti élus repose de nos jours sur des bases politiques sous-jacentes importantes.

Il semblerait que les électeurs, les citoyens, se rendent compte que les pouvoirs des élus sont de plus en plus limités et que les promesses de mieux être ne sont que rarement atteintes.

 

Bruno Le Maire, ancien ministre UMP, le démontre fort bien.

Il raconte, même, comment le Président Sarkozy a été enfermé dans des logiques européennes qui tuent rapidement les initiatives politiques.

Nicolas SarkozyAinsi les élus sont accusés d’être trop bien payés alors qu’en même temps ils sont considérés comme particulièrement inefficaces pour retrouver la prospérité (relative) des trente années glorieuses.

Bruno Le Maire déclare à la TV : «…Les français nous détestent… ».

 

Mais à qui doit-on la paternité de ces attitudes ?

Ne serait-ce pas les partis conservateurs et un grand nombre de partis sociaux démocrates européens (malheureusement) qui ont mis en place cette Europe là qui fait sombrer dans la précarité des millions de personnes ?

Ne sont-ce pas ces courants politiques qui ont libéralisé le capitalisme devenu totalement sauvage et incontrôlé par les pouvoirs politiques ?

 

© éric guillaudCes organes politiques se rendent-ils compte qu’ils fabriquent de l’abstention, de la rancune, de la méfiance…dans la mesure où ils sont inefficaces à créer un « nouveau monde » qui respecte enfin à la fois les hommes et l’environnement ?

Ainsi, la méfiance, la haine, la moquerie permanente des peuples envers la quasi totalité des élus et la méfiance qui se généralise à leur encontre,  si elles ne sont pas nécessairement toutes justifiées, se fondent sur des causes profondes qui nourrissent le rejet de la classe politique, et donc de la démocratie.

 

Un premier pas ?

Les élus de la Nation feraient sans doute bien de voter très rapidement la fin du cumul des mandats, cela ferait déjà remonter l’estime des français pour leurs élus et donc pour la démocratie.

Ne pourrait-on pas déjà supprimer le reversement sur un autre élu du dépassement des indemnités perçues au-delà du plafond autorisé par un élu qui cumule ?

 

Une grande attente déçue ?

Beaucoup de nos concitoyens souhaitent que les partis qui se réclament du « mouvement », du « progrès social », de l’écologie « humaniste et politique », du « changement de civilisation », parviennent un jour à s’entendre, pour croiser entre eux ce qu’ils ont de meilleur.

Rêverions-nous, car pour l’instant ce n’est pas le chemin pris en Europe ?

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Published by Edgar MALAUSSENA - dans Politique
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