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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 01:31

 

Voici donc la déclaration de Barbara Pompili,

députée de la Somme et co-présidente du

groupe écologiste à l'Assemblée à l'Assemblée

Nationale.

Nous y avons trouvé des éléments intéressants, tout en nous étonnant un peu,

que ce qui est dit sur le fonctionnement des institutions de la république et du

parlement semble une découverte récente d'Europe Ecologie.

Tout ceci est connu depuis des lustres, par tous les parlementaires français.

Le découvrir en ces jours douloureux, nous laisse perplexes.

Le deuxième point d'étonnement, est cette foi inébranlable en l'Europe.

Et si c'était l'Europe elle-même, telle qu'elle est actuellement, qui était justement

le problème, et non pas la solution ?

Le troisième point qui nous intérroge beaucoup en tant que Maire rural,

est la question de la future réforme territoriale qui semble faire le bonheur des Verts,

alors que se profile la disparition de nos communes, l'émergence des métropoles

avec la domination définitive du fait urbain, lieu de rotation accélérée des capitaux

mondialisés et donc la fin du rural en tant que cadre autonome de décisions politiques.


Barbara Pompili"Nous avons cette semaine été amenés à nous prononcer sur la trajectoire budgétaire

française pour les trois années qui viennent. Transmis à la Commission européenne, cet

engagement de la France va de pair avec le plan d’économies de 50 milliards d’euros

présenté par le Premier ministre. Et nous avons, député-e-s écologistes, voté très

majoritairement contre la déclaration du gouvernement.

Certains commentateurs ont tenté d’en faire un enjeu politicien, en théorisant sur la

« sortie des écologistes de la majorité », un mois après la sortie du gouvernement.

C’est une explication politicienne qui ne tient pas : nous avions déjà, lors de l’examen du

TSCG, dont la dramaturgie parlementaire avait déjà tenté de faire un vote d’appartenance

à la majorité, voté contre.

Et les 41 abstentions socialistes confirment bien qu’il est nécessaire d’aller au-delà des simples jeux parlementaires tactiques : ce qui est en cause dans notre vote, c’est bien le fond.

C’est tout à la fois une trajectoire que nous jugeons inadaptée, des moyens de

l’atteindre sur lesquels nous nous interrogeons et une vision de l’Europe que nous refusons

d’adopter.

Sur la trajectoire en elle-même : la France se fixe un objectif de réduction du déficit

budgétaire à 3% en 2015 et c’est cet engagement qui figure dans le document transmis

à la Commission européenne. Outre la brutalité du coup de frein budgétaire – qui ne sera

pas sans conséquence sur l’économie et l’emploi-, nous avons exprimé notre lassitude de

voir ainsi accumulés, au fil des années, des engagements non tenus – et pour cause, ils

étaient intenables. Cette dévalorisation de la parole publique concourt à la désaffection

citoyenne envers la politique. Et nous avons le sentiment que cette trajectoire n’échappe

pas à la règle.

Sur les moyens mis en œuvre pour tenir la trajectoire, je ne reviendrai pas sur ce qu’a

exposé Eva Sas lors du débat parlementaire. Sinon pour dire que l’équilibre entre fiscalité

des ménages et fiscalité des entreprises ne nous semble pas satisfaisant, et que la technique

du « coup de rabot » (même si il s’accompagne d’une perspective de vraie réforme

territoriale, enfin) n’est qu’un fusil à un coup : c’est bien la réforme fiscale annoncée lors

de la campagne de François Hollande et jamais mise en œuvre qui est aujourd’hui

indispensable. 

Alors, certes, le Premier ministre nous a reçus. Certes, il a apporté des

aménagements bienvenus au projet initial de plan d’économies, notamment en

aménageant les mesures concernant les petites retraites ou encore les fonctionnaires

les moins bien rémunérés. Mais nous avons aussi voulu dire que nous ne pouvions

plus accepter un agenda politique fait de décisions prises à l’Elysée, que les parlementaires

apprennent par la presse, et qui devraient s’imposer sans coup férir. Finalement,

la majorité crève de l’incapacité de ses premiers responsables à imaginer un autre

fonctionnement des institutions : ce phénomène, que nous avions déjà pointé lors de la

discussion précipitée sur la composition du gouvernement – on nous sommait de faire

en deux jours ce que les Allemands mettent deux mois à faire, à savoir bâtir un consensus

et une équipe- se retrouve aussi dans ce vote de mardi. Le Premier Ministre semble vouloir

mieux associer les parlementaires à la prise de décision. Cette démarche, si elle est

poursuivie, nous permettra de travailler ensemble de manière plus constructive. 

Et puis il y a la question européenne. Elle est pour nous centrale. L’Europe est au cœur

de ce plan. Elle en est plutôt, à nos yeux, le prétexte. C’est ce que j’ai tenté d’exposer

dans l’explication de vote que j’ai faite au nom du groupe. Parce que, à quelques semaines

des élections européennes, ce qui était en cause c’était aussi le message que nous

envoyons à nos partenaires, comme aux instances européennes. 

Dire que c’est en respectant des engagements comptables de réduction du déficit

que nous aurons plus de poids pour imposer nos points de vue sur la politique monétaire

ou sur l’indispensable régulation de la finance, nous avons déjà donné ! 

A nous de montrer, à travers la campagne, que l’Europe que nous voulons est bien plus

ambitieuse que cela. 



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Published by Edgar MALAUSSENA - dans EUROPE ECOLOGIE
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