Mesdames, Messieurs,
Je suis heureux de représenter la Région PACA à l’occasion de ces réunions de présentation du Fonds Régional pour l’Environnement et l’Energie qui associe :
Ø La Région, l’ADEME, l’Etat.
La crise est globale
Elle accentue la désagrégation sociale, elle détruit la planète
Nous connaissons aujourd’hui une crise globale, dont le volet écologique est particulièrement préoccupant.
Les pollutions diverses des activités humaines :
Ø provoquent un bouleversement climatique sans précédent.
Ø dégradent les écosystèmes,
Ø appauvrissent la biodiversité,
Ø menacent la santé humaine,
Ø détruisent les grands équilibres économiques de proximité.
Fut un temps pas si lointain où je disais, où nous disions déjà cela. Et l’on nous demandait de ne pas affoler les populations.
La crise de la civilisation
Nous sommes maintenant dans une crise de civilisation et nous ne nous en sortirons pas avec des mesures qui se développeraient moins vite que la progression de la dégradation du système.
Les impacts sur les populations et l’environnement
Or les dernières observations des scientifiques dépassent les conclusions les plus pessimistes des experts du GIEC en 2007.
Les impacts sur l’environnement et sur les populations semblent pires que ce que l’on pouvait imaginer.
Pour limiter à 2 ou 3 °C l’élévation de la température moyenne en 2050 :
Il nous faut diviser par plus de deux les émissions globales de CO2 de la planète.
Pour la France, l’effort est une réduction d’un facteur 4 à 5 par habitant.
S’attaquer aux sources mêmes du système
Mais ce défi est réalisable qu’à la condition que l’on s’attaque aux sources même du système dévastateur, pollueur, qui détruit à peu près tout
Contradiction entre les temps courts de l’économie et les temps longs des cycles de la terre
En effet si l’économie et les critères de rentabilité fonctionnent sur le temps court :
Les cycles naturels de la planète fonctionnent sur le temps long.
Si l’on veut répondre aux défis concernant la vie même sur la planète, il est impossible de demander :
Au temps long de se mettre au service du temps court.
Nous échouerons
En clair, nous échouerons si :
La nature est mise au service de l’économie
De la rentabilité immédiate.
Conscience sociale et conscience environnementale
Cependant, je crois que les mentalités en France sont en train de tourner.
Nous étions un pays où la conscience sociale était, et est toujours, forte.
Nous voyons apparaître la conscience environnementale.
Et nous sommes persuadés que la conjugaison des deux fera avancer l’Humanité.
Rôle des acteurs publics.
Le rôle des acteurs publics est donc essentiel. Et si les acteurs publics sont convaincants, alors :
Les citoyens. : Les enfants, les adultes.
Les chefs d’entreprises,
Les commerçants et artisans,
Les salariés,
Les professions libérales,
Pourront se mobiliser chacun dans leurs secteurs respectifs :
Tous les secteurs doivent sortir du système existant
Dans le domaine de l’économie et de la sobriété.
Dans le domaine de nouvelles énergies.
Dans celui des transports.
Dans celui du bâti.
Dans le domaine alimentaire.
Dans les domaines de l’innovation.
Dans le domaine de la fiscalité.
Dans le domaine des taxes.
Dans celui du calcul de l’empreinte écologique.
Mais cela ne suffit pas. Les interventions publiques doivent intervenir à tous les niveaux opérationnels :
Au plan communautaire.
Au plan national.
Au plan des régions.
Au plan local.
Seules les politiques qui s’inscrivent résolument sur une longue période seront pertinentes.
Et la Région dans tout cela ?
Nous pensons que la Région est :
un des leviers,
un facilitateur,
un animateur
une interface
Pour développer des politiques :
Ø globale dans le cadre du développement durable,
Ø locale dans le cadre de l’écodéveloppement.
En particulier pour développer des politiques en matière d’énergie, de déchets et de transports propres qui correspondent à ses compétences.
Le Comité de Gestion
Permettez moi d’évoquer quelques souvenirs personnels, et de citer cette année 2000 où avec M. le Délégué Régional de l’ADEME, (Agence de l'environnement et de la maîtrise d'énergie) G. Calléja, nous avons créé le Comité de Gestion.
C’était un cas quasi unique en France.
Nous avions annexé cette Convention au Contrat de Plan qui traitait :
Des déchets.
De l’énergie (solaire thermique).
Des transports propres.
Un budget en expansion !!!
Nous avons progressivement augmenté le budget régional dédié à cette convention, qui est passé :
De 2 millions d'euros en 1999
à
18 millions d’euros en 2009.
La Convention actuelle entre l’Etat, l’ADEME et la Région s’appuie sur :
Les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement
et
L’Assemblée régionale.
Mais elle s’inspire également des propositions que vous, acteurs de la vie sociale et économique, nous avez transmis via :
Le Collectif Régional de Concertation sur l'Energie,
Les comités thématiques :
o solaire,
o bois,
o qualité environnementale du bâtiment.
Les deux axes principaux sont
D’une part la maîtrise de la demande d'énergie et la lutte contre l'augmentation de l'effet de serre,
Et d’autre part le développement des énergies renouvelables.
Exemples de politiques conjointes Région-ADEME
a) Les économies d’énergie, qui sont comme vous le savez la plus importante et la moins chère des sources d’énergie :
L’encouragement à la qualité environne mentale dans le bâtiment, en particulier en améliorant le confort d'été pour éviter le recours à la climatisation,
Les démarches comme "Marchons vers l'école" qui vise à faire retrouver à tous les enfants le plaisir d'aller à l'école à pied ou en vélo en toute sécurité,
Le soutien aux collectivités territoriales dans leurs démarches en faveur :
o des économies d'énergie
o de développement d'énergies renouvelables par le financement:
§ de "Plans Locaux Energie Environnement",
§ de postes d’"Econome de flux" ou de « conseils en énergie partagés ».
Le soutien aux Espaces Info Energies qui permettent d’informer, sensibiliser et conseiller les citoyens.
b) Le développement des énergies renouvelables est le deuxième axe d’actions de la Région et de l’ADEME, avec de beaux résultats :
Le marché régional du solaire thermique représente désormais 12 % du marché national et Provence-Alpes-Côte d’Azur se situe au 2ème rang en volume de marché derrière Rhône-Alpes.
Ø un changement d’échelle pour le nombre de réalisations de chaufferies bois :
o de 2 par an en 2000
o une quinzaine actuellement.
Conjuguer le socialement utile et l’environnemental nécessaire
Dans un contexte de crise aggravée, ces premiers résultats peuvent passer pour encourageants.
Mais comme indiqué précédemment, il nous faudrait tourner la page de la croissance sans fin (oui, la décroissance fait peur, mais il faut savoir parler sans tabous), pour entrer dans une économie qui respecte le temps long et qui se tourne vers des emplois qui conjuguent :
Le socialement utile avec l’environnemental nécessaire.
Nous souhaitons ce renversement de tendance.
Il est non seulement nécessaire, mais indispensable.
Je vous remercie.